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Les métiers

Des métiers ancestraux qui vivent au rythme de la mer et des marées : du mytiliculteur qui cueille les moules de bouchot au pêcheur à la civelle qui tourne la nuit dans le port de Saint-Valery, du pêcheur à pied qui gratte le sable à la recherche des coques au ramasseur de salicorne, du pêcheur en mer au pêcheur à la crevette sur son sauterellier.

Des métiers à découvrir également à l’intérieur des terres : le serrurier du Vimeu, le verrier de la vallée de la Bresle, le maraîcher des hortillonnages ou le vannier de Beaucamps-le-Vieux.

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CDT Somme

 
Catherine Libeert

 
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LES METIERS DE LA MER

> Le mytiliculteur

Les moules naissent au début du printemps. Le mytiliculteur les capte grâce à des cordes en coco, dans la « nurserie ». Ces cordes disposées sur un portique en bois laissent le naissain se développer jusqu’à la fin, de l’été.

En septembre, place à l’élevage. Les cordes sont enroulées en spirale autour des bouchots, pieux de bois exotique sui surgissent du sable telle une forêt. A marée haute, la moule se nourrit de plancton. Elle s’ouvre et se ferme au rythme des marées, filtre l’eau, se muscle et grossit. Elle grossit pendant l’hiver et mesure environ 6 cm lors de la cueillette.

D’avril à octobre, le mytiliculteur cueille, lave, met en sac et livre.

> Le ramasseur de coques

Ici, en baie de Somme, les coques, on les surnomme hénons !

Ces coquillages sont à peine enfoncés dans le sable ou la vase. Deux siphons très courts permettent à la coque de respirer et de se nourrir en filtrant l’eau de mer.

Les coquilles en forme de cœur sont couvertes de nervures et présentent une couleur blanche parfois légèrement striée de brun ou de noir. Elles renferment une petite noix blanche, charnue et ferme et une petite crête orange, le corail.

Elles sont adultes à partir de 3 ans et mesurent 3 cm.

Le ramasseur de coque, surnommé « gratteur », sait, en observant le sable couvert de petits trous d’épingles, si des hénons se cachent dessous. Le sable « croustille ». Il les ramasse au râteau et les calibre en les plaçant dans une venette.

Le ramassage a lieu de septembre à décembre, du lundi au vendredi, sauf les jours fériés.

Les coques de la baie sont réputées pour leur taux de chair. Elles filtrent le plancton et bénéficie d’un apport d’eau douce.

Avant de les consommer, laissez-les bien dégorger pour évacuer le sable.

> Le ramasseur de salicorne

La salicorne, passe-pierre, haricot de mer, corne salée ou cornichon de mer...

La Salicorne, aussi appelée passe-pierre, est une plante "sauvage". Elle pousse dans les prés salés recouverts par la mer lors des fortes marées tels que les vasières de la Baie de Somme. Sa principale caractéristique morphologique : une succession de renflements cylindriques qui s'emboîtent les uns dans les autres ou "corne de sel", traduit son adaptation à la présence de sel. Elle se gorge en eau douce (90 % environ) ce qui lui donne cet aspect charnu et succulent. C'est une plante dite halophile - c'est-à-dire qui se plaît sur terrain salé.

Elle est récoltée lorsque la plante est encore jeune : dès que les premiers entrenoeuds se forment soit entre fin mai et fin septembre, elle mesure alors 6 à 8 cm de haut maximum et a un aspect vert et tendre.

La tradition de la cueillette de la salicorne remonte à des décennies : elle fait partie intégrante de l'activité des "pêcheurs à pied", au même titre que les moules de bouchots ou les coques. Elle est non seulement utilisée à des fins alimentaires (légume, conserves) mais aussi industrielles (savon, soude, verre) et thérapeutiques (vitamine C). La Baie de Somme représente 90 % de la production nationale avec 400 à 500 tonnes de salicornes cueillies par an.

> Pêcheur de crevettes grises

Un corps translucide ou brunâtre, pas plus de 6 cm de long, voici les caractéristiques de ce crustacé hermaphrodite. Appelé en baie de Somme « sauterelles ». La pêche a lieu en Manche de janvier en mai sur des… sauterelliers, leur fond relativement plat leur permet de passer en baie et de s'approcher du rivage où se trouve la crevette.

> Pêcheur en mer

Les eaux généreuses de la Manche fournissent en abondance soles, carrelets, turbots, grondins, bars, sans oublier le hareng qui, mariné ou grillé, reste le plus connu des poissons de la région.

La pêche a perdu de son importance passée, suite à l'ensablement de la baie. Cependant l'activité se maintient, même si elle reste artisanale : elle tente de s'adapter aux difficultés importantes qu'elle connaît. Ainsi les bateaux reviennent moins souvent dans les ports de la baie et débarquent plutôt leur pêche au Tréport.

La zone de pêche est essentiellement comprise entre Dieppe et Etaples. Les pêcheurs recherchent avant tout la sole, mais ils prennent aussi des turbots, des bars, des limandes.

> Pêcheur à la civelle

Les civelles sont des alevins d’anguilles. Elles se pêchent la nuit dans le port de Saint-Valery.Les bateaux tournent et tournent en une étrange ronde.

Ces courageux bébés anguilles arrivent des caraïbes, ils remontent les fleuves côtiers portés pas le Golf Stream.

Toute la production est ensuite exportée en Chine.

LE TEXTILE ET LE VELOURS

Au treizième siècle, la fabrique des draps mais surtout l’exportation de la "waide" assure une extraordinaire prospérité aux marchands de la Somme. La "waide", ou guède en français (Isatis tinctoria), est une plante crucifère qui pousse sur les sols calcaires. Elle était cultivée tout autour d’Amiens. Ses feuilles étaient broyées puis vendues sous forme de boules en Flandre, Angleterre et Allemagne pour teindre les étoffes en bleu. Mais elle fut ensuite supplantée par l’indigo.
Le chanvre picard était réputé pour être parmi les meilleurs. Il était tissé principalement dans le Ponthieu alors que le lin l’était dans le Vimeu.
Le peignage et la filature de la laine étaient en majeure partie assurés dans les campagnes.
C’est à l’initiative de Colbert que la fabrication de velours se développe à Amiens. On y produit des tissus d’ornement. Au XIXème, Amiens est le principal centre de production mondial du velours d’ameublement. Ses productions sont réputées et sont utilisées comme décoration dans les châteaux, palais royaux...
Contrairement au velours d’ornement, le velours d’habillement est encore produit à Amiens par les usines Cosserat.

VERRERIE ET SERRURERIE DE LA VALLEE DE LA BRESLE ET DU VIMEU

  • La serrurerie

C’est à la fin du XVème siècle que la fabrication de serrures devient une activité d’appoint dans les villages du Vimeu : serrures, cadenas, verrous, loquets... puis, pendant la première guerre mondiale, 5000 serruriers du Vimeu travaillent à la fabrication de baïonnettes et d’obus. Aujourd’hui 70 % de la serrurerie, 80% de la robinetterie sanitaire et 85 % de la robinetterie à gaz françaises sont produits par les entreprises vimeusiennes. Avec 200 entreprises et plus de 9 000 salariés, le Vimeu se classe parmi les principaux centres européens de métallurgie légère.
Le Musée des Industries du Vimeu, à Friville Escarbotin, retrace cette épopée industrielle exceptionnelle et présente des pièces uniques de serrures, clés, verrous, cadenas...

  • Le verre

Dans la vallée de la Bresle, à la limite entre la Picardie et la Normandie, s’est développée l’activité du verre, et particulièrement du flaconnage : verre soufflé à Saint-Germain-sur-Bresle, fabrication en série dans des fours à fusion dans les Verreries du Courval.
Musée du verre, installé dans le centre culturel du Manoir des Fontaines, à Blangy-sur-Bresle.

TOURBIERS ET HORTILLONS

  • Les tourbiers

La tourbe servait d’engrais, de combustible et même de litière pour les chevaux. L’exploitation du charbon dans le Nord-Pas-de-Calais amène un très rapide déclin de l’extraction de la tourbe, dès le début du XIXème siècle. Aujourd’hui, il ne reste de cette activité que les "intailles", ces étangs qui se sont constitués là où la tourbe a été enlevée.

  • Les hortillons

On appelle "hortillons" les maraîchers qui produisent fleurs, fruits et légumes dans les " hortillonnages", jardins d’Amiens conquis sur les marais. A Péronne ils sont appelés "hardiniers". La terre noire et tourbeuse qu’ils cultivent est enrichie par les vases provenant du curage des "rieux", petits canaux qui enserrent les jardins.
Aujourd’hui encore, les hortillons viennent vendre leur production au marché sur l’eau, à Saint-Leu. Mais ce n’est plus qu’une fois l’an, le dimanche de la Fête dans la Ville qu’ils s’y rendent en bateau !

VANNIERS, CHAISIERS ET PAILLEUSES

Dès le XVIème siècle, le village du Boisle, dans la Vallée de l’Authie, s’est spécialisé dans la vannerie. Plusieurs hectares de saules y produisaient un osier de qualité. Des dizaines d’artisans vanniers y fabriquaient paniers, corbeilles, berceaux, ruches, valises...Aujourd’hui, cette tradition reste particulièrement vivante. Plusieurs vanneries et artisans vanniers poursuivent leur activité au Boisle.

  • Chaisiers et pailleuses

Le paillage se faisait à l’origine avec des roseaux qui furent ensuite remplacés par de la paille de seigle, fauchée encore verte, avant que le grain ne se forme. Artisans chaisiers et pailleuses exploitent encore aujourd’hui ce savoir-faire. Cette activité est particulièrement importante à Brocourt, Liomer et Neuville Coppegueulle. La fête de la chaise, qui a lieu tous les ans, en septembre à Beaucamps-le-Vieux, est la meilleure occasion pour découvrir la qualité des fabrications : des artisans y proposent des meubles et sièges en chêne, hêtre et bois fruitiers.

L’EXPLOITATION DE GALETS

Les quantités disponibles, sa teneur inégalée en silice (plus de 95 %) font du galet une ressource minière exceptionnelle. On l’utilise en dérivé après calcination et broyage, pour la fabrication de routes, de bâtiments, mais également pour la fabrication de mobilier sanitaire, de peintures, de produits cosmétiques, de prothèses dentaires.

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